Fantômes Montalbanais

Illustres et Méconnus (1144 - 1944)

Source brochure du Centre du Patrimoine de Montauban

Commerce et Industrie

Fondée en 1144 au croisement du Rouergue, du Quercy et de l'Aquitaine, Montauban a su tirer profit de la présence du Tarn pour développer une économie prospère qui l'a rapidement propulsée parmi les plus grandes villes du Sud Ouest. Importante Cité marchande au Moyen Age, abritant de grandes foires et des marchés florissants, Montauban a longtemps établi sa richesse sur le commerce du Vin puis de l'Industrie Textile et Minotière. L'économie locale entame un lent déclin lors de la Révolution Française., qui supprime certains de ses débouchés naturels. Le maintien de l'activité Agricole et l'Industrie Agro Alimentaire, relayé par la croissance du secteur tertiaire, permettra à Montauban de reprendre son développement au sortir de la Seconde Guerre Mondiale.


Barthélemy BONIS - Marchand de Montauban (début XIVème - après 1369)

Figure emblématique du Marchand Montalbanais, les projecteurs de l'Histoire se sont braqués sur lui grâce à ses fameux livres de comptes, véritable mine d'or pour les historiens médiévistes.

Barthélemy BONIS appartient à une vieille famille de Montauban. Son cadet Gérauld est tout à la fois apothicaire et confiseur, tandis que son frère Guillaume est lui frère carme et deviendra par la suite Prieur du couvent d'Albi.

Le magasin de Barthélemy était probablement situé rue de la République. Il a su fidéliser une riche clientèle, principalement composée de religieux Montalbanais mais aussi de Bourgeois et de Nobles. Commerçant prospère, Bonis était également un important propriétaire foncier, devenant le principal trésorier des Consuls de la ville.

Bonis fut loin d'être le seul grand Négociant de Montauban, mais c'est celui dont le nom a traversé les époques et qui caractérise aujourd'hui encore la prospérité du Négoce Montalbanais du XIVème siècle.


Louis RABIER - Imprimeur du Roi de Navarre (XVIe - XVIe)

Initiée à Montauban dès 1518 par l'intermédiaire d'Imprimeurs Nomades, l'Imprimerie Locale prend son essor en 1578, avec l'arrivée de Louis RABIER.

Nommé Imprimeur Municipal avec le soutien d'Henry IV, sa venue s'inscrit dans un contexte religieux très marqué. En opposition à Toulouse la Catholique, siège de nombreux Imprimeurs, Montauban affirme son rôle de capitale Protestante, tandis qu'un Collège Protestant vient d'être créé. La Cité devient rapidement une place importante pour l'Imprimerie régionale, diffusant bibles et ouvrages de controverse religieuse.

Auréolé en 1581 du titre d'Imprimeur du Roi de Navarre, Louis RABIER est rémunéré et logé aux frais de la ville, dans une dépendance de l'Hôpital Saint Jacques, entre la rue des Carmes et l'actuelle place du Coq. En 1583, il quitte Montauban pour s'établir à Orthez, abandonnant une partie de son matériel, repris en 1589, par Denis HAULTIN, héritier d'une grande famille d'Imprimeurs de La Rochelle.

Après la reddition de la ville et l'application de la contre-réforme Catholique, l'activité se maintient. Parmi les nombreux Imprimeurs qui se succèdent se distingue la famille FORESTIE, qui depuis 1835 transmet d'une génération à l'autre un savoir faire précieux et une solide érudition.


Daniel MARIETTE - Entrepreneur avisé (? - Montauban 1774)

Il appartient à une grande famille d'Entrepreneurs Montalbanais, dont les activités révèlent les produits phares de l'Economie Montalbanaise du XVIIIème siècle : le tissage de draps de laine et de pièces de soie, mais aussi la production du minot (fine farine conditionnée en barils pour supporter les voyages en mer).

En 1764, Daniel MARIETTE obtient du Conseil d'Etat l'autorisation de fonder un Moulin face à celui des Albarèdes. Sinistré par l'inondation de 1766 puis remis en état, cet établissement aujourd'hui connu sous le nom du Moulin de La PALISSE, comptera jusqu'à 17 paires de meules.

L'inventaire après décès des biens de Daniel MARIETTE, dressé en 1774, révèle une partie de l'étendue de sa richesse : un hôtel Particulier Quai de Villebourbon avec magasin en rez-de-chaussée, un coffre en fer de Hambourg, un globe et une sphère montée sur pied, un grand nombre d'armes, de l'argenterie, des fourrures, deux tables de jeu, une chaise à porteurs ...


Bernard LACOSTE-RIGAIL - Négociant en Draps (Montauban 1774 - Montauban 1852)

Fils ainé d'une famille marchande établie dans le quartier de Villebourbon, ce riche négociant est l'un des principaux hommes d'affaires Montalbanais en cette fin du XVIIIème siècle, jouissant d'une fortune solide comme l'attestent les registres du "vingtième"

Il s'est spécialisé dans la fabrication du fameux CADIS, tissus de laine à la fois solide, épais et souple. Vendu dans tout le Sud Ouest de la France et même exporté outre-Atlantique, le cadis fait la renommée de la ville. Il faut dire que les usages ne manquaient pas pour cette étoffe, habillant aussi bien les religieux que les soldats mais aussi les gens de la Mer, séduits par sa résistance à l'eau et au sel.

L'analyse de la correspondance commerciale de Bernard LACOSTE-RIGAIL révèle l'ampleur des relations d'affaires qu'il su établir avec les Négociants Bordelais, le port Atlantique jouant un rôle charnière pour l'exportation de draps vers le Canada.


Emile POULT - un Industriel au tournant du siècle (Rodez 1862 - Montauban 1950)

Fondateur de la célèbre biscuiterie qui porte aujourd'hui encore son nom, Emile POULT incarne le maintien difficile de l'activité industrielle dans une ville qui, entre deux guerres, commence seulement à sortir d'une longue période de sommeil.

Né à Rodez en 1862, POULT est pâtissier de formation. Arrivé à Montauban en 1883, il quitte peu après l'artisanat pour se spécialiser dans la fabrication industrielle de biscuits boudoirs et ouvre une première fabrique en contrebas du Pont des Consuls. Rapidement, les locaux se révèlent trop petits et l'Entrepreneur décide de transférer son activité à Villebourbon. Les inondations du mois de Mars 1930 sont terribles : située sur les terres basses de la ville, l'usine souffre de la montée des eaux ; surtout il pleure la disparition de son fils Adolphe, noyé alors qu'il s'employait à sauver des sinistrés.

Le succès des biscuits POULT ne s'est depuis jamais démenti, la modeste entreprise familiale démenti, devenant un groupe employant aujourd'hui près de 750 personnes, principalement à Montauban, à Toulouse et en Bretagne.


La Pâtisserie POULT de Montauban - Crédit Photo Groupe Facebook les Amis du Vieux Montauban - Grégory PAMADOU

La Ville Métamorphosée 

Ville neuve dotée de nombreux privilèges, Montauban a connu une croissance très rapide. Dès la seconde moitié du XIIème siècle, l'espace intra-muros vient à manquer et des FAUBOURGS apparaissent au pied des remparts. Place forte importante durant les guerres de RELIGION, la Cité Protestante entame une véritable métamorphose aux XVIIème et XVIIIème siècles, sous l'impulsion des Intendants et Evêques successifs, mais aussi riches NEGOCIANTS et INDUSTRIELS qui se font bâtir de beaux Hôtels Particuliers. Au XIXème siècle, les Maires entreprennent à leur tour de moderniser la Cité, créant de nouvelles voies, des squares, places et équipements publics. La dramatique inondation de Mars 1930, qui détruit des centaines d'immeubles à Sapiac et Villebourbon, sonne la reprise des grands travaux et l'extension de la ville à l'Est, sur des terres non inondables.


Gaspard-François LEGENDRE de LORMOY

Un Intendant énergique sous l'ancien régime - (Paris, 1668 - Paris 1740)


Intendant de la Généralité de Montauban promu à l'âge de 31 ans, cet administrateur au caractère ambitieux et volontaire a mené une vaste politique d'urbanisme à Montauban.

L'Intendant LEGENDRE, ouvre de nombreux chantiers, qu'il n'hésite pas à financer partiellement au besoin.

Montauban lui doit ainsi l'aménagement de la Promenade des Carmes, la reconstruction des trois portes de la ville, l'achèvement de la Place des Couverts et l'aménagement des quais de Villebourbon. Il œuvre aussi pour l'établissement d'une bourse des Marchands et d'un bureau de Charité chargé d'assurer l'approvisionnement des populations civiles en cas de famine.

A Montauban, sa carrière s'achève en 1713, après que ses penchants pour le libertinage et l'autoritarisme l'ont fait tomber en disgrâce. Mais l'image qu'il laisse à la postérité, est celle d'un Intendant Bienfaiteur en phase avec les préoccupations d'embellissement des villes qui ont cours au XVIIIème siècle.


Joseph VIALETES de MORTARIEU - l'Homme de la Reconquête - (Montauban 1768 - Montauban 1849)


Le nom de ce fervent Partisan de Napoléon, reste associé au prestige retrouvé de Montauban, "rétablie dans ses droits" en 1808 lors de la création du Tarn et Garonne.

Issu d'une famille Bourgeoise Montalbanaise et neveu de l'Industriel Vialètes d'AIGNAN, le jeune Joseph s'affirme tout d'abord comme un adversaire résolu de la Révolution. Impliqué dans le massacre des Patriotes à l'Hôtel de ville le 10 mai 1790, il part pour Paris en 1792, et y reste jusqu'en 1794, le temps de faire oublier le rôle qu'il joua dans cet épisode malheureux.

Maire de Montauban de 1806 jusqu'à la fin de l'Empire, il organise la venue de Napoléon à Montauban en 1808, qui consacre la création du Département du Tarn et Garonne. Ravalée au simple rang de Chef Lieu de district du Lot sous la Révolution, la ville est alors élevée au rang de Préfecture, tandis que Joseph Vialètes de MORTARIEU, est promu Baron d'Empire.


Adrien PRAX PARIS - Le Hausmann Montalbanais - (Montauban 1829 - Caussade 1909)


Maire Bonapartiste de 1860 à 1870, c'est incontestablement l'homme de la Révolution urbaine de Montauban.

Sa carrière politique d'une longévité exceptionnelle (45 ans de vie publique) lui a permis d'accompagner la mue de la ville, dans un contexte économique favorable.

Dans le sillage de l'action menée par Napoléon III à Paris, il entreprend de vastes travaux visant à assainir et moderniser la ville : l'amélioration du système d'adduction d'eau, la couverture du ruisseau LAGUARRIGUE la construction des Abattoirs de GASSERAS et de la HALLE AUX GRAINS mais aussi l'aménagement du JARDIN DES PLANTES font écho aux théories hygiénistes du XIXème siècle. Archétype du Notable alors porté au pouvoir, Adrien PRAX PARIS incarne à ses débuts la force montante du Bonapartisme, plébiscité de longues années dans le Département. Il finit pourtant en vétéran malheureux, sa défaite controversée aux élections Législatives de 1902 face au Républicain Charles CAPERAN signant la disparition de ce courant politique en Tarn et Garonne.


Léopold GARDELLE - Un Architecte très en vue - (Montauban 1835 - 1909)


Si la vie de cet Architecte demeure méconnue, son œuvre imprègne encore aujourd'hui le paysage Architectural de la Cité.

Architecte Municipal de Montauban à partir de 1865, Léopold GARDELLE participe à de nombreux chantiers très importants, ouverts durant la seconde moitié du XIXème siècle. Il accompagne le grand mouvement de MODERNISATION URBAINE, dessinant des équipements collectifs, tous empreints d'un certain classicisme. Parmi ses principales réalisations figure la HALLE A GRAINS de la Place PRAX PARIS (détruite en 1966), la Banque de France, le Pont des Consuls et le Lycée des Garçons (actuel Collège Ingres).

En parallèle à sa carrière Municipale, GARDELLE œuvre pour le compte du Diocèse de Montauban. En cette période de renouveau Spirituel qui voit l'ouverture de nombreux chantiers d'Eglise, il signe plusieurs édifices néo-gothiques, dont Saint Jean de VILLENOUVELLE ou Saint Orens de VILLEBOURBON. Affaibli par des problèmes de santé, il met un terme à sa carrière à l'âge de 53 ans.

Sauver les âmes ...

Fondée à l'ombre de l'Abbaye SAINT THEODARD, siège d'un Evêché dès 1317 et entourée de nombreux COUVENTS des Ordres Mendiants, Montauban abrite durant le Moyen Age, une importante Communauté Religieuse. Ville commerçante fréquentée par de nombreux Marchands et donc ouverte aux IDEES NOUVELLES, la Cité accueille très favorablement les thèses CAVALNISTES ; elle est acquise à la Religion REFORMEE vers 1560. CAPITALE Protestante au même titre que LA ROCHELLE dans les années qui suivent, elle subit de plein fouet la CONTRE REFORME menée après sa REDDITION aux Armées Royales en 1629. Ecartées des charges du Pouvoir, les grandes Familles PROTESTANTES quittent alors la ville ou se reconvertissent dans l'INDUSTRIE, sans pour autant abandonner leurs convictions.

Marie de PENNE - Une Abbesse coquette et gourmande - (début XIVème et 2ème moitié XIVème)

Fille d'une ancienne famille de la Noblesse QUERCYNOISE, Marie de PENNE, est au milieu du XIVème siècle, l'Abbesse du Couvent des Clarisses, qui couve 26 Religieuses en 1342, toutes issues de vieilles Familles Montalbanaises.

Etabli extra muros au Faubourg Montmurat lorsque débute la guerre de Cent Ans, le Couvent est alors à la merci des raids Anglais. Soucieuse de protéger sa communauté, Marie de PENNE entreprend de la rapatrier à l'intérieur des Murs de la Cité, et acquiert pour cela plusieurs maisons à l'emplacement de l'actuelle Place Franck Roosevelt. Grâce aux livres de comptes du Marchand Barthélémy Bonis, qui consigne les achats de la Religieuse, nous découvrons une femme qui n'hésite pas à faire quelques entorses à la règle franciscaine. Coquette, Marie de PENNE se distingue par un fort penchant pour les friandises et les douceurs de toute sortes, comme nombre de ses consoeurs. Ainsi s'esquisse le portrait d'une communauté Religieuse moins stricte qu'il n'y parait, bien loin de l'idéal de dénuement prôné par l'Ordre des Clarisses.

Navarre de MONTAUT - Une Bienfaitrice oubliée - (1ère moitié XIIIème - 2ème moitié XIIIème siècle)

Derrière cette riche héritière d'une famille Marchande de Montauban, se cache la Fondatrice de l'un des plus anciens hôpitaux de la Cité. Navarre de MONTAUT rédige son testament en 1973. Elle lègue aux PAUVRES de la ville la plus grande partie de ses BIENS, dont sa maison située en bordure de l'actuelle Place du Coq, à laquelle est adossée la Tour dite LHAUTIER (effondrée en 1910), du nom de son époux défunt. Ce don fonde l'Hôpital SAINT JACQUES, qui deviendra l'un des plus anciens de la ville. Par ce geste d'aide aux plus démunis, Navarre de MONTAUT se conforme à une MORALE Chrétienne qui, en ce milieu du XIVème siècle, considère avec méfiance les fortunes Bourgeoises. Navarre de MAUTAUT n'est pas une exception ; elle souligne le rôle déterminant joué par les femmes dans la Fondation et la Gestion des Etablissements charitables au Moyen Age. Dans son sillage, c'est une foule de Bienfaitrices oubliées et méconnues qui ressurgit : la Veuve ESQUIVA de LAPORTE, qui fonde en 1278, l'Hôpital SAINT BARTHELEMY dans le Faubourg MONTMURAT et en assure l'Administration jusqu'à sa mort ; la Dame LOMBART, Régente de l'Hôpital MOUSTIER en 1353 et 1358 ; ou encore la Dame de BERGUANEL, Hospitalière à l'Hôpital de Parias en 1355.

Michel BERAUD - un Théologien Réputé - (Réalmont 1537 - Montauban 1611)

Ce Pasteur à l'intransigeance morale redoutée est l'un des Fondateurs du Collège Protestant de Montauban.

Originaire du Mans, Michel BERAUD mène d'abord une existence itinérante, enseignant dans plusieurs villes du Midi avant de s'établir de manière définitive à Montauban, en 1579. Il dispense alors dans sa demeure de l'actuelle rue Armand CAMBON, l'un des tous premiers enseignements théologiques Protestants de la Ville, en vue de former les futures Elites Montalbanaises au Ministère. La Devise "NON SIBI" "non pour soi", inscrite au dessus du portail d'entrée, résume l'homme et ses principes : l'enseignant affirme par sa volonté d'œuvrer pour le bien public et non pour sa postérité. THEOLOGIEN Réputé, Michel BERAUD fut également Délégué à la Cour d'HENRY IV, pour défendre les DOGMES Protestants lorsque le Roi se convertit au Catholicisme en 1593.

La famille BERAUD illustre parfaitement l'établissement de lignées de penseurs et de prédicateurs Protestants à Montauban, où il n'est pas rare de voir le ou les fils succéder au père. C'est le cas de son fils Pierre BERAUD qui occupera la Chaire de Grec de l'Académie Protestante.

Mgr Pierre de BERTIER - L'Homme de la Reconquête (Montauban 1768 - 1849)

Pierre de BERTIER est l'un des principaux Artisans de la Contre-Réforme menée à Montauban au XVIIème siècle à l'issue des guerres de Religion. Son Episcopat (1652 - 1674) est marqué par la réalisation d'un imposant Palais en bordure du Tarn (l'actuel Musée Ingres), qui exprime avec force le retour du CATHOLICISME triomphant dans l'ancienne Cité PROTESTANTE. Dans le même temps, il obtient la destruction du Temple Neuf puis fonde le petit Séminaire, qui assure la formation des Prêtres dans le respect du Concile de Trente. * Son action reste indissociable de celle de son dévoué Serviteur, le Prévôt de l'Eglise Cathédrale de Montauban Henry LE BRET (1618 - 1710), ami d'enfance du célèbre Cyrano de BERGERAC, dont il fut l'Editeur. Reconnu pour sa compétence juridique et son habilité politique, le BRET devient l'homme de loi et la plume attitrée de l'Evêque. Il joua également un rôle déterminant dans les conversions forcées de Protestants au Catholicisme, publiant même à ce sujet une apologie de l'usage de la force. *ouvert en 1545, le Concile de Trente fut convoqué par le Pape Paul III pour tenter de répondre à la montée en puissance de la Réforme Protestante.

Mgr Michel de Verthamon de CHAVAGNAC - Protecteur des Pauvres (Limoges 1658 - Montauban 1662)

Issu d'une famille Noble du Limousin comptant plusieurs Evêques parmi ses Membres, Monseigneur Michel de VERTHAMON fit preuve d'une grande piété et d'un dévouement sans faille pour les Montalbanais. Il a 41 ans lorsque Louis XV le désigne en 1730 pour succéder à l'Evêque Mgr François-Joseph d'HAUSSONVILLE. Durant 32 ans, cet amoureux des belles lettres va œuvrer avec force en faveur de ses fidèles. Après s'être attaché à terminer la nouvelle cathédrale Notre Dame (consacrée le 1er novembre 1739), il décide d'établir à ses frais les Frères de la doctrine chrétienne, afin de dispenser aux plus pauvres des cours pour apprendre à lire, écrire et compter. En 1760, désireux de soulager les Montalbanais de l'obligation de loger les soldats du Roi, il fait édifier, toujours sur ses propres deniers, la première Caserne de Montauban. Construite à Villebourbon sur un terrain cédé par la ville, il en subsiste aujourd'hui le portail d'entrée, incorporé dans la nouvelle caserne "LA HIRE". Décédé en 1762, Michel de VERTHAMON a été enterré dans la fosse commune de l'Hôpital de la ville. Auparavant, il avait légué aux pauvres de l'établissement, l'ensemble de ses biens.

Marie Rose GINESTE - Une résistante bien discrète (Canals 1911 - Montauban 2010)

Engagée de la première heure, déterminée et discrète, Marie Rose GINESTE est une figure importante de la Résistance Montalbanaise. Militante de la CFTC* et principale Animatrice du Secrétariat Social et des Assurances de la Famille Toulousaine, Marie Rose GINESTE débute son action clandestine à la suite de l'appel du 18 juin 1940, lancé par le Général de GAULLE,. Jusqu'à la Libération, aux côtés d'autres hommes et femmes, elle s'illustre sur plusieurs fronts, diffusant la presse clandestine, assurant la liaison avec des groupes de la RESISTANCE, apportant son aide aux REFUGIES et aux familles JUIVES. Malgré la proximité immédiate du Siège de la GESTAPO et de la MILICE (faubourg du Moustier), le domicile de la Résistante sert même d'abri à des aviateurs Anglais, Américains et Canadiens. Son "fait d'Armes" le plus connu demeure sans aucun doute la diffusion de la lettre Pastorale de Monseigneur THEAS, qui condamne fermement les rafles des JUIFS. Durant l'été 1942, elle parcourt le Tarn et Garonne à vélo, apportant la lettre de Mrg THEAS dans de nombreuses paroisses du Diocèse avec l'aide de Monsieur BOSSU et Mademoiselle PUIG. Marie Rose GINESTE est décédée en 2010 à l'âge de 99 ans. Restée discrète sur ses actions de la RESISTANCE durant l'Occupation, elle fut une des rares femmes à avoir des hautes responsabilités dans des Organisations de la Résistance (Combat et témoignage Chrétien). * Confédération Française des Travailleurs Chrétiens

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